La Maison
Une ferme, une éleveuse,
et l’exigence comme méthode.
Je suis revenue pour les brebis. Je suis restée pour les chiens.
J’ai grandi à la Borie Haute, au-dessus de Murat-sur-Vèbre, dans une famille qui élève des brebis Lacaune depuis trois générations. J’en suis partie à dix-huit ans pour Toulouse, où j’ai passé quinze ans dans l’édition — correctrice, puis maquettiste. Quinze ans à chasser la faute et le mot en trop. Ça ne m’a jamais quittée.
Je suis rentrée en 2014 reprendre la ferme avec mon père. Le troupeau comptait cent quatre-vingts têtes et un seul vieux chien fatigué. En 2015, j’ai acheté Lierre, une jeune chienne de travail née dans le Caroux. Elle m’a appris en six mois ce qu’aucun livre ne m’avait montré : ce qu’un border collie bien né change à une journée de berger. Tout est parti d’elle.
L’affixe « du Champ d’Encre » a été enregistré à la Société Centrale Canine en 2016. Le nom dit deux choses vraies : ces chiens sont noirs et blancs comme une page imprimée, et je tiens mes registres comme je corrigeais mes épreuves — sans rien laisser passer.
Cette exigence se lit dans la collection de nos border collies au travail, dans le palmarès et santé border collie et dans la préparation de nos chiots border collie.
Ce que nous sélectionnons
Le border collie est la première race inscrite au LOF en France, et probablement la plus mal comprise. On l’achète pour son regard et on découvre son moteur. Ici, le moteur est la condition d’entrée : nos chiens travaillent les brebis tous les jours, et nous ne marions que des sujets qui tiennent ce rythme avec calme.
La beauté ne nous est pas indifférente — Saline a son Excellent de Nationale d’élevage — mais elle passe après. Après l’œil, cette faculté de tenir un troupeau par le seul regard. Après le geste, une locomotion souple qui ne s’use pas. Après le fond, des nerfs solides qui font, au bout du compte, les bons compagnons.
Concrètement : aucun mariage sans lectures officielles des hanches et des coudes, panel ADN complet (CEA, TNS, NCL5, IGS, MDR1), examen oculaire de l’année, et un vrai niveau de travail constaté en concours. Et jamais, en aucun cas, de mariage merle × merle.
Les engagements de la maison
- I.
Une portée par an, rarement deux
Cinq portées en dix ans. Quand l’année ne s’y prête pas, nous n’élevons pas — 2025 en témoigne.
- II.
Des géniteurs testés, des preuves datées
Lectures officielles, ADN Antagene, examens oculaires annuels. Les documents sont remis, pas résumés.
- III.
Les chiots de travail vont d’abord aux troupeaux
Les tempéraments les plus moteurs sont réservés aux bergers et aux foyers très sportifs. C’est moi qui attribue les chiots, à six semaines, selon votre projet.
- IV.
Huit semaines pleines à la maison
Naissance dans la pièce à vivre, sevrage à la bergerie, manipulations quotidiennes, premiers bruits du monde. Aucun départ avant.
- V.
Un suivi à vie, sans condition
Je réponds aux nouvelles comme aux inquiétudes, des années après. Et si la vie bascule, le chien revient ici — c’est écrit dans le contrat de cession.
Le pays de Lacaune
La ferme regarde le sud, à 900 mètres, entre hêtraies et prairies de fauche. L’hiver y est franc, l’été sec, le vent permanent. Les chiens y construisent un poil dense, des pieds durs et une endurance que la plaine ne donne pas.
Les visiteurs sont reçus le samedi, sur rendez-vous, autour d’un café et d’une démonstration au troupeau. On vient voir les chiens travailler — pas choisir un chiot sur catalogue.